Publié le 20 Décembre 2013

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Le 1er février 2013, Gérard Collomb, président du Grand Lyon et Michel Mercier homme tout puissant au Conseil Général avaient convié l’ensemble des élus des deux collectivités. J’ai eu le grand honneur d’être parmi les 800 présents. Une grande décision allait nous être annoncée : la séparation du Rhône en deux avec la création d’un pôle rural et d’un pôle urbain.

Dans son discours introductif, le géographe et universitaire Michel Lussault  affirme la toute puissance des villes : « Aujourd’hui, 600 agglomérations dans le monde possèdent 50% du PIB mondial. En 2025, ces 600 agglomérations possèderont 60% du PIB mondial. Or, Lyon pourrait ne plus faire partie de ces 600 agglomérations ! »
Tout est dit, Lyon doit devenir une grande métropole européenne si l’on veut aller de l’avant pour compter dans l’économie mondiale. Nous ne reviendrons pas sur les projets nécessaires à cela : il faut « être vu de loin et attirer les investisseurs », mettre en place de nouvelles infrastructures autoroutières, de grands stades, de grands aéroports…
Dans le poulailler de l’auditorium accompagné de quelques élus Saints Genois, nous avions le droit d’écouter mais pas celui de parler. Les belles paroles des intervenants savamment choisis et triés affirmaient que seule la puissance du nombre comptait et que sans une Euro métropole forte point d’avenir et de salut.
Mais où était l’homme dans tous ces discours, sa qualité de vie, sa santé, ses relations avec les autres, l’équilibre des territoires, rien de tout cela n’a été abordé.
Regardons de près toutes ces métropoles européennes et mondiales avec le stress, les pauvres de plus en plus nombreux et les SDF qui jonchent les trottoirs, la pollution, les embouteillages permanents, la destruction des terres agricoles ... Regardons également de plus près l’ensemble de nos territoires  avec des villages et villes moyennes où l’on ferme des écoles, des maternités, des commerces …
Une question est restée sans réponse : que deviendront nos communes avec l’arrivée de l’Euro métropole ?
Non, nos deux grands décideurs  ne sont pas sérieux et ils nous mènent dans un modèle de société que nous ne souhaitons pas.
A l’approche des fêtes de fin d’année, je vous offre ce poème de Raymond Queneau : « Grand Standigne ».
                                                                                          Antonio Gonzalez

 

« Un jour on démolira
ces beaux immeubles si modernes
on en cassera les carreaux
de plexiglas ou d'ultravitre
on démontera les fourneaux
construits à polytechnique
on sectionnera les antennes
collectives de télévision
on dévissera les ascenseurs
on anéantira les vide-ordures
on broiera les chauffoses
on pulvérisera les frigidons
quand ces immeubles vieilliront
du poids infini de la tristesse des choses».

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Rédigé par chante-ruisseau

Publié dans #Editos

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