Edito du Petit Journal - n° 33 - Juin 2012
Publié le 16 Juin 2012
Rien n’arrête les décideurs politiques locaux pour faire avancer leurs projets : c’est ainsi que le projet de périphérique ou TOP a été baptisé « l’anneau des sciences » pour donner une image plus dynamique à ce projet routier du siècle dernier qui a du mal à avancer et qui dans le meilleur des cas ne serait pas réalisé avant 2030. Alors rassurez-vous, si vous avez des embouteillages actuellement tout sera réglé pour 2030 mais avec la modique somme de 2,5 milliards d’euros qui sera prélevée sur vos impôts. C’est aussi ce que l’on appelle une dette durable !
Autre exemple : Lyon voulait un grand stade, et les enquêtes publiques réalisées donnaient des avis défavorables ; qu’à cela ne tienne, on a réalisé d’autres enquêtes jusqu’à ce que les commissaires enquêteurs finissent par donner un avis favorable.
Encore un exemple qui démontre le cynisme des pressions économiques : le Plan de Protection de l’Atmosphère (ou PPA) nous met en garde depuis plusieurs années déjà, sur la qualité catastrophique de l’air que nous respirons (d’ailleurs la France est poursuivie par la Cour Européenne de Justice pour dépassement des seuils. Voir page 4.) et sur les mesures radicales qu’il conviendrait de prendre. Mais face à cela l’Etat s’apprête à construire de nouvelles autoroutes dont la A45 entre Saint-Etienne et Lyon .. et encore 2 milliards pour la dette durable !
Plus près de nous, le projet nature valorise nos plateaux et nos vallons naturels et agricoles et les collectivités ne cessent de vanter la qualité de nos paysages … Parallèlement les opérateurs de télécommunications installent sur ces mêmes lieux (Montchausson, Sainte Consorce) de hauts pylones et de puissantes antennes pour embellir les lieux et pour permettre à l’homme moderne de visionner son film favori sur son téléphone mobile ou sur sa tablette Ipad.
Mais tout cela est aussi souhaité par nos décideurs (et par ceux qui les élisent) pour permettre au progrès de se faire, pour vivre avec son temps et surtout pour faire avancer la croissance et l’emploi ... comme nous disent si bien les visionnaires de tous bords, la publicité et les médias.
Mais heureusement tout cela ne peut continuer ainsi et la crise actuelle nous rappelle avec force et nous dit sans cesse qu’il est temps de suivre une autre voie.
Au risque de me répéter, je continue à dire haut et fort qu’il nous faut remplacer le quantitatif par le qualitatif, la vitesse par la lenteur, l’économique par l’humain, le profit et la rentabilité par la solidarité et la justice, la compétition par la convivialité et l’ouverture, la richesse par le partage ... et laissons-nous un peu de temps pour y arriver .
Antonio Gonzalez